Échouer sa thérapie : les 7 moyens de gâcher son suivi à coup sûr !
Le bonheur d’une thérapie réussie n’est pas une fatalité ; il existe de nombreuses manières extrêmement méthodiques d’échouer royalement son suivi psychologique. Cet article ne vous propose pas une liste de petits malentendus insignifiants ou d’oublis d’interphonie, mais une feuille de route structurée et redoutablement efficace pour gâcher à coup sûr votre parcours thérapeutique.
Il ne s’agit pas d’avoir un simple doute sur votre psy de temps en temps, cela arrive à tout le monde sans effort. Je vous propose d’apprendre à fabriquer une stagnation lourde, confortable et parfaitement stérile. Vous verrez, ce n’est pas très compliqué, mais chaque axe étudié ici demandera un peu de rigueur dans l’auto-sabotage afin de pouvoir verrouiller le changement de manière durable. Bien sûr, des prises de conscience ou des soulagements pourront encore survenir par inadvertance. Il s’agit plutôt de prendre conscience de vos blocages et de vous donner les moyens de réapprendre à votre cerveau à neutraliser tout progrès.
Cet article propose donc une approche globale et délicieusement ironique. Préparez-vous à regarder vos séances sous un angle radicalement nouveau : voici les piliers incontournables pour faire, à coup sûr, échouer votre thérapie.
🔨 1er levier : Exiger des miracles immédiats
Considérez votre thérapie comme un drive de restauration rapide. Si dès la deuxième séance votre anxiété de trente ans n'a pas disparu, décrétez que ça ne marche pas. Refusez de voir la thérapie comme un réapprentissage progressif : exigez la guérison instantanée, sinon rien.
🔄 2e levier : L'illusion de la rechute fatale
Au moindre retour du symptôme après une phase d'amélioration, concluez immédiatement à un échec total. N'envisagez surtout pas le processus comme un apprentissage avec des hauts et des bas : pour vous, un pas en arrière doit obligatoirement annuler dix pas en avant.
🔮 3e levier : La culpabilisation systématique
Si vous ne parvenez pas à appliquer un outil ou à changer un comportement, fustigez-vous. Accablez-vous de reproches plutôt que de comprendre le blocage. Transformez votre suivi en un tribunal intérieur où vous êtes à la fois le coupable et le bourreau.
🤯 4e levier : La grève des devoirs
Ne faites surtout pas les exercices demandés entre les séances et laissez dormir les articles ou lectures indiqués. Attendez passivement que les 45 minutes hebdomadaires fassent tout le travail à votre place, comme si aller à la salle de sport une fois par mois suffisait à courir un marathon.
🐘 5e levier : Le syndrome du "bon élève"
Soyez excessivement gentil et complaisant avec votre praticien. S'il vous demande si ça va mieux, répondez un grand « Oui, ça va un peu mieux » alors que votre vie est un marasme. Préservez l'égo du thérapeute à tout prix au détriment de votre propre vérité.
📱 6e levier : Le "je veux tout changer sans rien changer"
Imaginez fermement qu'il est possible d'obtenir des résultats radicalement différents dans votre vie sans jamais rien changer à vos habitudes, vos relations ou vos routines. Exigez de changer intérieurement tout en gardant un quotidien rigoureusement identique.
⏳ 7e levier : Le culte du secret d'État
Cachez soigneusement les informations les plus cruciales de votre histoire. Si vous avez été victime de violences ou que votre frère est mort quand vous aviez 8 ans, gardez-le pour vous : cela n'a évidemment aucun impact sur votre vie actuelle. Laissez votre praticien deviner à l'aveugle.
Si vous arrivez à appliquer ne serait-ce que la moitié de ces préceptes, bravo : vous êtes d’ores et déjà sur la voie royale pour rendre votre thérapie totalement stérile. Mais ne vous reposez pas trop vite sur vos lauriers, car l’excellence dans le verrouillage du changement demande un entraînement de tous les instants. Vous pouvez encore faire des efforts !
Pour aller encore plus loin, ajoutez par exemple une méfiance stratégique permanente : remettez systématiquement en doute les compétences de votre praticien dès qu’il pointe une zone d’ombre inconfortable. Dans la même logique, zappez de thérapeute toutes les trois séances sous prétexte que « le courant ne passe pas ». C’est une méthode imparable pour recommencer indéfiniment votre histoire au stade zéro sans jamais avoir à affronter le moindre vrai travail sur vous-même.
L’art de paralyser sa propre évolution est un puits sans fond et une source de créativité inépuisable. Ne perdez donc jamais espoir : même au milieu d’une prise de conscience accidentelle, il y aura toujours un brin de mauvaise foi ou un vieux réflexe d’évitement à déterrer pour faire un pas supplémentaire vers une stagnation garantie.