Apprendre l’Autohypnose gratuitement et concrètement (3/3)

A quoi sert cette série d'articles ?

Cette série d’articles « Apprendre l’autohypnose » a pour objectif de vous exposer une méthode pas à pas pour apprendre l’autohypnose. Il ne s’agit pas juste d’une autohypnose gnangnan durant laquelle il faut se répéter 300 fois « et maintenant, je suis caaaaaaallmmmeeeee ». Il s’agit plutôt d’une autohypnose plus élaborée, qui vous permettra de travailler sur vous-même et de résoudre certains conflits intérieurs. 

Article 1 = Entrer en autohypnose, obtenir les premiers effets

Article 2 = Vérifier l’état hypnotique, obtenir un mouvement idéomoteur

Article 3 = Effectuer un travail en autohypnose

Comme pour tout apprentissage, il y aura des moments de doute et de réflexion, des essais infructueux, et des échecs. 

Avec un peu de persévérance, tout cela contribuera à votre réussite. Sans persévérance, tout cela contribuera à vous faire perdre votre temps. 

Si vous n’échouez pas en apprenant, c’est que vous n’apprenez rien.

Prérequis pour suivre cet article

Dans cet article, je présuppose que :

– vous avez déjà pratiqué les éléments des 2 premiers articles

– vous savez obtenir certains effets hypnotiques (se calmer, obtenir un mouvement inconscient comme la main qui s’approche du visage par ex.)

– connaître les termes techniques : ratification, yes set, suggestion, effet désiré, liaison…

– c’est déjà super bien ! Bravo à vous ! Vous avez fait le plus compliqué !

Avant de commencer

Vous allez apprendre dans cet article à effectuer un travail en autohypnose. Il existe de nombreuses manières de travailler en hypnose et je vais vous en proposer une en particulier, qui ressemble à une négociation. Une négociation entre votre partie mentale et une autre part de vous, responsable d’une problématique quelconque (un comportement que vous souhaitez changer, des pensées à évacuer, une émotion à tarir…)

C’est une technique qui peut sembler ardue au premier abord et qui est aussi extrêmement efficace.

Notez bien :

L’hypnose agit comme la clé sur une porte à plusieurs verrous. La porte qui vous enferme dans un comportement, une émotion ou des pensées que vous souhaitez modifier.

Parfois, l’hypnose ouvre le dernier verrou (ou le seul), la porte s’ouvre et vous obtenez votre changement.

Parfois ce n’est pas le dernier verrou et il y a encore du travail et des apprentissages à faire.

Dans tous les cas, cela apporte une pierre à l’édifice de votre changement et de votre mieux-être.

Allez, on y va !

Etape 0 :

Petit préambule

La majorité des problèmes personnels que l’on peut avoir dans sa vie peuvent se présenter sous la forme suivante : une partie de moi voudrait ceci, mais une autre partie de moi crée cela.

  • Par exemple (sur un comportement) : une partie de moi veut maigrir ou arrêter de fumer, mais une autre partie de moi semble me contraindre à trop manger ou à fumer.
  • Autre exemple (sur des pensées) : une partie de moi voudrait cesser de penser à tel ou tel soucis ou événement dans ma vie, mais une autre partie de moi tend à m’y faire penser en permanence.
  • Autre exemple (sur une émotion) : une partie de moi voudrait être plus serein, mais une autre partie de moi me fait ressentir du stress sans arrêt.

On aura compris que la première partie est la partie mentale, et la seconde, une partie dites inconsciente (ou automatique).

Dans cet exercice, je vais prendre l’exemple d’un travail sur le stress ou l’anxiété. On imagine donc que vous faites un exercice d’autohypnose pour vous aider durablement à vous libérer de vos angoisses.

Autrement dit, une partie de vous est anxieuse et une partie veut de la sérénité.

C’est uniquement pour l’exemple. Vous transposez pour vous et votre problématique. Je vous invite à commencer par travailler sur quelque chose d’assez simple. Avec la pratique, vous pourrez travailler sur des problèmes plus complexes.

Note : Il arrive parfois qu’en travaillant ainsi avec soi une émotion surgisse. Parfois on comprend d’où elle vient, parfois pas. Et c’est très bien, c’est ce qui fait que nous sommes humains. Accueillez cette émotion, ressentez ce qu’elle veut vous dire, et laissez la passer.

Etape 1 :

PRÉPARATION et notion de « signal »

Vous êtes confortablement installé dans un fauteuil ou sur une chaise. Vous avez prévu un peu de temps. Vous avez choisi ce sur quoi vous souhaitez travailler. Pour l’exemple ici, ça sera un travail sur l’anxiété.

Commencez par entrer en autohypnose en créant du calme par exemple, de la concentration et un mouvement du bras vers vous. Soit vous mettez la main en l’air directement devant vous, soit vous laissez le coude poser sur un accoudoir.

Atteignez un état d’hypnose satisfaisant en suggérant quelque chose qui ressemble à :

La main s’approche de moi à mesure que mon inconscient est d’accord pour travailler sur mon anxiété (ou …votre soucis) aujourd’hui. Si ce n’est pas possible d’y travailler aujourd’hui, la main s’éloigne de moi. 

Et attendez. Attendez sans vous influencer et sans influencer le mouvement. Naturellement, votre part mentale aura très envie que la main s’approche. Mais il ne s’agit pas ici de suggérer qu’elle s’approche (comme si elle était tirer par un fil ou quelque chose que ça. Si vous faite ça vous influencez le mouvement).

Il s’agit ici de suggérer qu’elle s’approche dès lors que c’est ok pour travailler.

C’est une part de vous inconsciente qui est ok ou non plus travailler. Heureusement, l’immense majorité du temps, tout le monde à l’intérieur de chacun d’entre nous est d’accord pour bosser vers son mieux-être. Surtout quand la part mentale est enfin à l’écoute.

Si la main ne s’approche pas, approfondissez votre état d’hypnose en suggérant simplement qu’il s’approfondit :

Mon hypnose va s’approfondir à son rythme et la main s’approchera quand ça sera le meilleur moment pour mon inconscient. En attendant, j’attends avec confiance.

Vous pouvez tout aussi bien suggérer que le bras monte ou descend, peu importe. Le tout, c’est d’avoir un mouvement qui indiquera que votre inconscient est « ok » et un mouvement qui indiquera « pas ok ».

Cela s’appelle un « signal » ou un « signaling« .

Je vous invite à toujours garder le même signal. Quand vous serez amené à demander des choses en vous-même, une part de vous inconsciente pourra vous répondre par ce signal : la main vers moi = « ok », la main s’éloigne = « pas ok ». Ou bien, la main descend = « pas ok », la main monte = « ok ». De nombreuses personnes choisissent un signal qui peut sembler plus simple : le mouvement d’un doigt (et non de la main et du bras). Tel doigt pour « ok » et tel doigt pour « pas ok ». En aucun cas il ne faut influencer le mouvement consciemment. C’est tricher et ça n’amène rien.

Donc pour être clair : 

  • Quand il s’agit de créer un « mouvement idéomoteur » sans signification précise, vous suggérez clairement que « la main monte » ou que « la main s’approche du visage » et vous utilisez du yes set et de l’évocations pour obtenir ce mouvement.
  • Quand il s’agit de vérifier que l’inconscient fait bien quelque chose pour vous, vous proposez intérieurement 2 possibilités : « la main s’avance si c’est ok, la main s’éloigne si ce n’est pas ok ». Et vous attendez une réponse. Quand vous avez une réponse, vous pouvez considérer que vous avez un signal oui/non. Un peu comme dans la vie de tous les jours où la tête opine ou non toute seule quand vous êtes d’accord ou non avec votre interlocuteur.

J’avoue que cela fait un peu « esprit es-tu là » mais ça fonctionne très bien, alors faisons fi des clichés 😀.

Etape 2 :

Contacter la partie génératrice du « problème »

Vous avez à présent la main qui s’est approchée de vous et une part de vous inconsciente a produit ce mouvement afin de signifier son accord de travail. Nous allons demander plus précisément à la part « problématique » de donner son accord de travail. La suite peut ressembler à ça :

Merci infiniment. A présent je vais m’adresser à la partie de moi qui génère mon angoisse. Partie angoisse, si tu veux bien je vais t’appeler « mon petit flippé » avec beaucoup d’amour et de bienveillance. Quand tu es ok pour bosser avec moi, éloigne la main de moi.

C’est toujours intéressant de personnifier les parts de soi en donnant un petit nom (bon, je reconnais que ça fait un peu schyzo… mais personne ne saura que vous vous parlez ainsi à vous-même 😀). Egalement toujours être bienveillant avec soi-même et dans le nom choisi. 

Etape 3 :

La remercier pour son intention

Je suppose à présent que la main s’éloigne. Si ce n’est pas le cas, attendez un peu. L’idée c’est d’être dans la posture d’accueil et de confiance : « dès que ‘petit flippé’ est d’accord pour bosser, la main s’éloigne ».

Alors que la main s’éloigne, prenez conscience que cette partie de vous a une intention positive pour vous. Vous pouvez même lui demander intérieurement :

Merci beaucoup d’être là pour moi. Je sais que tu veux mon bien, que tu as une fonction importante pour moi, que tu es là pour satisfaire un besoin important. Dis-le moi s’il te plaît. Que cherches-tu, en réalité, pour moi quand tu me donnes des angoisses ? + saisir le premier mot qui vient, ou la première image, le premier souvenir.

On dit ici que l’on cherche l’intention positive du symptôme. Évidemment que votre angoisse vous pèse, bien sûr que tel ou tel comportement sur lequel vous voulez bosser vous pourrit la vie. Évidemment que telle ou telle pensée obsessionnelle, telle ou telle émotion prend trop de place. Mais ce n’est qu’un symptôme émis par une partie de vous dont l’intention est bonne pour vous.

L’idée est d’accepter l’intention de cette part là, et de changer ça stratégie.

C’est indispensable de comprendre et d’accepter cette posture. Sans quoi vous êtes en lutte perpétuelle contre votre symptôme, donc vous-même.

Or, à être en guerre contre soi-même, on ne peut que perdre.

Quelques exemples d’intentions positives : 

  • la part de vous qui crée l’angoisse (symptôme, stratégie) est souvent une part extrêmement importante : celle qui veille à votre sécurité, votre protection, votre intégrité physique (intention sous-jacente)
  • la part qui fume (symptôme, stratégie) veut en réalité apaiser, déstresser, être dans sa bulle, accentuer la convivialité d’une soirée (intention réelle)
  • la part qui crée une boulimie (symptôme, stratégie) veut peut-être remplir un vide d’amour, ou libérer un trop plein de contrôle sur soi (intention).

Les intentions positives des parts de soi sont personnelles et variables d’une personne à l’autre. Même si on retrouve souvent des similitudes.

Ainsi, un symptôme n’est finalement qu’une stratégie dysfonctionnelle, trouvée par une partie de soi, afin de satisfaire une intention louable

Etape 4 :

Lui montrer le problème

Parfois l’intention remonte à la conscience, parfois pas tout de suite. Peu importe en fait. Si ça ne vient pas, vous pouvez poursuivre quand même.

La suite consiste à montrer à cette partie de soi que sa stratégie ne fonctionne pas. Lui dire ce dont on a besoin. Cela peut ressembler à ça :

Merci pour ce que tu essaies de faire pour moi. Je sais que tu essaies de me protéger et que tu veilles à ma sécurité, afin qu’il m’arrive le moins de problème possible dans ma vie… Je sais que ça a été utile à un moment de la ma vie, et peut être que tu penses que c’est encore utile aujourd’hui.

Mais regarde ce qu’il se passe…  Je suis sans arrêt stressé, angoissé, je n’arrive pas à me promener tranquillement sans penser à 1000 choses. Tu me fais venir des crises d’angoisse et je n’en comprends pas toujours le but. 

Cela a pu me servir avant. Peut-être pour mieux préparer l’avenir, peut-être car papa et maman étaient eux-mêmes stressés.  Mais aujourd’hui, je n’ai plus besoin de ça… J’ai besoin de calme plus souvent… j’ai besoin de me recentrer parfois sur moi et le moment présent… C’est le moment pour moi d’aller davantage vers plus de sérénité…

Faites donc un point avec vous-même sur tout cela et passez à la suite.

Etape 5 :

Demander un changement

À ce moment là, vous devez toujours avoir un bras en l’air. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez le repositionner consciemment, puis le laisser à nouveau à une partie de vous inconsciente. Il ne faudra pas influencer le mouvement suivant car ce que nous allons faire nécessite un signal d’accomplissement inconscient.

La suite consiste à demander un changement et à guider ce changement par l’imaginaire. Cela peut ressembler à :

A présent, je vais initier un changement dans ma vie. Et je te demande de m’aide pour cela. Je voudrais être plus zen, plus serein. Je voudrais me sentir plus calme au quotidien et être capable de prendre davantage de temps pour moi.

Je sais que tu essaies de me protéger. Je sais que tu as une belle intention pour moi. Il ne s’agit pas de changer ton intention…

Il s’agit de trouver des stratégies qui fonctionnent mieux pour l’atteindre…

Tout en respectant ton intention pour moi, je te demande donc de trouver des stratégies différentes. Je te demande de trouver au moins 5 stratégies différentes, chacune en parfaite harmonie avec moi-même et avec mes proches. 

Pendant que tu vas chercher ces possibilités différentes dans mes ressources internes, dans d’autres périodes de ma vie ou auprès de gens inspirants pour moi, je te demande d’avancer le bras vers moi. Quand le bras me touchera, cela sera le signe que tu as trouvé ces stratégies différentes. Peu importe si tu mes les envoies consciemment ou non.

Naturellement, vous transposez selon votre objectif.

Il s’agit alors d’attendre que la main s’avance le temps que l’inconscient fasse ce travail.

Etape 6 :

Futuriser le changement

Une fois que la main a touché, il n’y a plus besoin de se dire grand chose à par « merci ». En revanche, il reste une étape importante. Cela s’appelle « futuriser ». Il s’agit de s’imaginer dans un futur favorable, un futur où le changement s’est mis en place. C’est important de passer du temps sur cette étape car elle entraîne le cerveaux à vivre le futur souhaité. Egalement, parfois les possibilités de changements créées avant se révèlent à la conscience à ce moment là.

Je me rappelle par exemple un jeune homme addicte aux jeux vidéos qui, en s’imaginant après le travail s’était vu faire la cuisine à la place de jouer aux jeux. Dans un premier temps, cela lui a semblé bizarre et inadapté (le conscient refuse souvent les premières idées pourtant très adaptée). Et finalement il s’y est mis et ce fut un nouvel équilibre pour lui.

Futuriser peut se faire par exemple comme ça :

Tout ce que j’ai vécu, ressenti, compris consciemment et inconsciemment dans cet exercice va s’intégrer en moi même pour donner les meilleurs choses dans l’avenir. Je suis curieux de connaître le moi-même plus calme de dans quelques jours (+imaginer un soi-même plus serein dans divers contextes : au travail, en soirée avec des amis, avec ses enfants. Bien l’observer, y passer de temps, être curieux de ce nouveaux soi-même)

Et dans quelques mois, cela sera encore mieux intégré en moi-même… (+imaginer un soi-même dans quelques mois, ayant parfaitement intégré les changements)

Et on peut poursuivre à 1 ans puis 5 ans si c’est souhaitable.

 

Etape 7 :

Remercier et se réveiller

Pour finir et sortir de transe, on peut se dire quelques chose comme :

Merci infiniment pour ce que tu as fait pour moi. A présent, à chaque respiration, je vais regagner en énergie jusqu’au meilleur niveau afin de poursuivre ma journée. Quand je serai au bon niveau, je sentirai que je peux rouvrir les yeux et me sentir parfaitement bien. + commencer à reprendre le contrôle des divers membres, s’étirer si besoin, bouger un peu et finalement ouvrir les yeux et revenir de cette expérience avec le sourire 🙂 

Bravo pour avoir lu jusqu’au bout ! Il y a de nombreuses techniques pour travailler en autohypnose. Si celle-ci vous semble un peu complexe, n’abandonnez pas. Continuez à vous entrainer ou changer simplement de technique, il y a de nombreux livres et articles sur le sujet.

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